Le laboratoire permanent


À mots découverts  organise deux ou trois fois par mois des séances de travail à la table permettant à l’auteur de se confronter à la mise en lecture d’un de ses textes, de recevoir des réactions critiques et de puiser là une matière de réécriture.

Chaque séance est organisée par l’un des membres de l’association qui réunit la distribution nécessaire et en assure la direction artistique. Elle se déroule en deux temps :

  • la lecture à la table, sur le principe d'un comédien par personnage.
  • un échange critique entre l'auteur, les lecteurs et les auditeurs.


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Le laboratoire permanent se déroule en séances fermées au public. Y participent les membres du collectif à mots découverts et l'auteur (accompagné d'une ou deux personnes de son choix)

Lieux d'accueil :


témoignages dauteurs

Clemence Weill

« C'est étrange tout de même, cette sensation d'entendre pour la première fois les phrases que j'avais imaginées, dites par d'autres, c'est vraiment une phase de travail précieuse. Pour constater aussi à quel point j'étais parfois trop compliquée, trop blablatante, trop... illisible!.. 
C'est une belle épreuve d'humilité de rester sans bouger autour de la table, stoïque, calme, silencieuse (ne pas intervenir "Mais non!! Là vous n'avez pas compris!! Cette phrase se dit COMME ÇAAAA!!!"), ne pas rire de mon propre texte, ne pas prendre des notes rageuses contre moi-même. Rester l'air décontracté et subrepticement observer les regards, les expressions, le moindre mouvement de sourcils / soupir / froncement d'yeux des auditeurs-lecteurs... Ecouter les avis, essayer de les comprendre d'abord - chacun avec son langage, ses images, sa façon de s'exprimer, ses références: ce n'est pas si facile de rencontrer la parole et la pensée de dix inconnus à la fois! Et puis vite, de les intégrer, "c'est intéressant ce qu'il/elle me dit, il faudra que je m'en rappelle", y compris les avis apparemment contraires ("C'est trop mystérieux! manque des clés !" / "C'est trop expliqué! Manque de mystère") mais que probablement, il me faut additionner... Bref : ce qui est formidable, c'est que vous obligez l’auteur à se questionner. Interdit de dormir sur ses lauriers. De s'arrêter de chercher. De s'auto-satisfaire... »

Carole Thibaut

« ... Cette lecture commentée m’a permis non seulement d’entendre le texte pour la première fois, mais également de mettre au clair les choses qui me gênaient dans la pièce, notamment dans la structure de la deuxième partie, dans l’évolution dramaturgique, et dans certains personnages comme la fée et le jeune homme. Cela m’aide beaucoup. C’est à la fois riche et constructif. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui a été dit, mais je crois que toutes les choses dites ont permis d’éclaircir des points flous ou à l’inverse de me confirmer comme justes certains de mes partis pris, et donc de les assumer pleinement. Je crois que j’ai maintenant en main les armes nécessaires pour remettre « mon ouvrage sur la table » et je vais m’y atteler dès que possible... »

Alexandre Koutchevsky

«Les retours sont essentiels, que ce soit en cours de travail ou vers la fin de l'écriture. Ils sont d'autant plus importants qu'ils sont nombreux. Il est très appréciable d'avoir près d'une dizaine de personnes qui donnent leur opinion sur un travail en cours. D'autant plus que ces retours sont sérieux et sensibles. Le nom de ce comité d'acteurs me frappe au moment où je rédige ce compte-rendu : il fait découvrir les mots. Ce qui affleurait dans les mots. Il se trouve que la séance de lecture avec les comédiens d'à mots découverts m'a vraiment fait retravailler “Le Jardinier de la Maison Blanche”... J'ai en particulier repensé aux nombreuses remarques qui m'ont été faites sur les personnages. Je me souviens que la discussion avait tourné autour du fait de savoir s'il fallait ou non développer davantage l'intrigue afin de donner plus de consistance aux personnages. Sur ce point j'ai surtout cherché, dans ma réécriture, à alléger la compréhension de l'intrigue, à la faire émerger par petites touches....»

Thierry Beucher

«... je crois que le plus important (toujours) c'est de réussir à sortir du sentimentalisme de l'écriture, et cette séance de travail était à l'endroit qui me passionne le plus, c'est à dire l'endroit de passage entre le sensible et la pensée. En lisant, puis en s'efforçant de dire se qu'on l'on pense vraiment on arrive à saisir quelque chose de cela, et la parole agit véritablement comme un acte ce n'est pas si simple, et ces moments-là sont souvent rares...»

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