Les aventures de petits cochons qui cherchent à percer le secret de la vie et comprendre leurs pulsions. De la colonie de vacances où ils jouent à loup touche-touche, à leur colocation dans la maison de brique où ils se rêvent en stars de l'Olympique porcin, ils découvriront à chaque fois une clé supplémentaire dans la compréhension de soi.
Une comédie malicieuse, entremêlant sans complexe le sensible et le trivial, pour interroger la construction de la virilité et les tabous qu’elle génère. Pourquoi les émotions se cognent-elles si fort entre elles dans le cœur des garçons ?
Extrait :
Épisode 3
Le Coach Porcin : Alors, quelle compétence on essaye de travailler là, Papa Cochon ?
Papa Cochon : ... ?
Le Coach Porcin : La... Dou...
Papa Cochon : ... ?
Le Coach Porcin : ...
Papa Cochon : La douceur ?
Le Coach Porcin : Oui, Papa Cochon ! La douceur !
Papa Cochon : La douceur...
Le Coach Porcin : Je vais maintenant vous lancer cette petite baballe, et vous allez la rattraper
Papa Cochon : Tu m'as pris pour un fils de chien là ?
Le Coach Porcin : Absolument pas
Papa Cochon : Mouais
Le Coach Porcin : Papa Cochon ! Un peu de bonne volonté, s'il vous plaît. J'en peux plus, moi. Vous avez refusé la sophrologie, l'exercice de la chaise musicale, et maintenant le jeu de la baballe. Je vous rappelle que vous vous êtes inscrit de votre plein gras à ce stage d'été en développement personnel : Accueillir, interagir et prendre soin
Papa Cochon : Oui, mais c'est dur. Et puis c'est cher
Le Coach Porcin : Moi-même, Papa Cochon, je n'ai pas toujours été un porc-fessionnel du développement personnel. Mais j'ai fait des efforts pour en arriver là. Alors... Il est d'accord pour faire un petit effort, Papa Cochon ?
Papa Cochon : Mouais. En plus j'ai aussi payé la colo du petit une fortune pour pouvoir faire ce stage, alors je veux que ça marche
Le Coach Porcin : Bien. Vous allez maintenant me regarder dans les yeux. Quand on regarde quelqu'un dans les yeux, on crée une relation. Essayez de créer une relation avec moi, Papa Cochon
Papa Cochon : …
Le Coach Porcin : …
Papa Cochon : Tu m'as regardé de travers de porc là ?
Le Coach Porcin : Mais non ! Qu'est-ce qui vous fait penser que je vous regarde de travers de porc, Papa Cochon ?
Papa Cochon : Je suis pas un fils de chien ! Et vous m'avez regardé comme si vous alliez me renifler le tire-bouchon avec votre groin comme les chiens avec leur truffe. Moi je dis toujours : il y a les cochons qui trouvent les truffes et il y a ceux qui se laissent renifler le tire-bouchon. Et ces jambons-là, chez nous, on les bâillonne…
(…)
Épisode 4
Premier Porcelet : Bon ben... c'était cool. Tu reviens l'année prochaine ?
Deuxième Porcelet : Je sais pas, ça dépend si mon père refait son stage. Mais si jamais, j'espère qu'on sera sous la même tente, avec le troisième copain
Premier Porcelet : Copain, avant qu'on se quitte, je veux essayer de te dire des trucs qui me gênent sur le bout de la langue
Deuxième Porcelet : C'est quoi ces trucs, copain ?
Premier Porcelet : Je sais pas comment dire. C'est bizarre. C'est un peu comme des trucs de mamans
Deuxième Porcelet : Pourquoi comme des trucs de mamans ?
Premier Porcelet : Parce que depuis le milieu de la colo, t'es devenu comme mon frère, copain. Comme cochons. T'es tellement devenu comme mon frère que je voudrais qu'on vienne du même ventre
Deuxième Porcelet : Moi aussi, tout pareil, copain. Qu'on soit comme l'un dans le gras de l'autre
Premier Porcelet : Qu'on soit le bras droit l'un de l'autre. Qu'on marche du même pas
Deuxième Porcelet : Oui, c'est exactement ça
Premier Porcelet : Alors des fois, je ferme les yeux et je rêve la scène dans ma tête roulée
Deuxième Porcelet : Moi aussi je fais ça
Premier Porcelet : Mon groin sur ton groin ou mon jarret contre le tien. Et la scène, je finis par l'imaginer trop fort. Si fort que le rêve, il se transforme en film de charcuterie. Alors je sais plus si ce que je veux c'est te toucher ou te saigner
Deuxième Porcelet : Tout pareil, copain. Moi, c'est comme un vent qui siffle dans mes tripes. Ça gonfle partout comme si ça allait exploser ou me déborder par les yeux. Et pourtant, c'est un souffle qui remplit pas. Au contraire même, ça fait une faim de loup que je veux rassasier en me remplissant d'un bout de toi pour que ça finisse de vouloir exploser
Premier Porcelet : Oui, c'est ça. Et même que j'imagine ta queue en tire-bouchon : elle frétille, comme ça, elle se frise et se défrise et puis là, même que j'imagine que je la croque
Deuxième Porcelet : Oui que même que moi que j'imagine que je l'avale !
Premier Porcelet : Et là, j'ouvre les yeux, et c'est trop tard. Soit je t'ai tapé, soit je t'ai mordu
Deuxième Porcelet : Copain, je crois qu'on se fait du mal
Premier Porcelet : Tu crois ?
(…)
